Le Brésil sous la pluie

Jusque Salvador de Bahia, nous avions perdu l’habitude de nous poser des questions sur le temps qu’il ferait. Le soleil était toujours au rendez-vous et les quelques nuages nous offrant un peu d’ombre étaient les bienvenus. Mais il fallait bien que ça arrive, pas facile de voyager pendant plusieurs mois sur ce continent sans rencontrer la saison des pluies, et il faut bien dire qu’après la sécheresse qui a ravagé toute l’Amazonie, il était temps.

A 600km à l’ouest de Salvador, le parc national de Chapada Diamantina est un véritable paradis pour les marcheurs. Sur 1500km², ce ne sont que des montagnes vertes de forêts, vallées, rivières, chutes d’eau… Lençois, la principale ville de la région compte 8000 habitants et a gardé son atmosphère coloniale du temps où les chercheurs d’or et de diamants l’ont bâtie. Les possibilité de treks et ballades à cheval sont nombreuses et sont considérées comme les plus belles au Brésil.

Nous sommes partis pour deux jours vers la vallée de Capao. Le paysage est fantastique. Nous marchons au milieu d’une forêt luxuriante, à travers des rivières en sautant de rochers en rochers (et en glissant plus d’une fois dans l’eau). Nous nous baignons dans des piscines naturelles, avec des chutes d’eau nous offrant des massages vivifiants. Des grottes fournissent un abri pour la nuit et juste avant d’arriver au village de Capao, nous surplombons la « Cachoeira da Fumaça », une chute d’eau de 384m dont le filet d’eau, sous l’action du vent, se transforme en vapeur, d’où son nom, « Chute de fumée ». Une splendide ballade, malgré la pluie…

Nous avons fait une pause à Capao, petit village perdu au milieu des montagnes et de la brume, nous voulions faire sécher nos affaires avant de repartir pour cinq jours dans la vallée du Pati. Deux jours plus tard, nos vêtements dégoulinaient toujours, la pluie ne semblait pas vouloir s’arrêter, les gens du village nous ont averti qu’on devait s’attendre à marcher dans 20cm de boue, et que Pati signifiait « glissant ». Découragés nous avons abandonné notre projet, mais en se jurant qu’on y reviendrait, à une meilleur saison, en juillet-août par exemple…

Deux jours de bus plus loin, nous arrivons à Ouro Preto, ancienne capitale du Minas Gerais. Une autre charmante bourgade coloniale, perchée sur plusieurs collines, des maisons peintes de toutes les couleurs et des églises, des églises… Treize en tout, pour une ville de 70 000 âmes, un record. La plupart d’entre elles sont du style baroque, ornementées des statues du sculpteur brésilien Aleijadinho. Elles fournissent un parfait abri contre les averses. Une autre alternative est de se réfugier dans les excellents restaurants de cuisine Mineira. Après trois jours, toutes nos affaires ayant pris l’humidité de notre chambre d’hôtel, nous avons sauté dans un bus vers le soleil.

Rio, la carte postale du Brésil, Copacabana, le Pain de sucre, les photos des dépliants touristiques sont toujours prises sous un ciel uniformément bleu. C’est très différent sous la pluie. Heureusement, les Caipirinha sont là pour nous remonter le moral. Le dimanche par contre, tous les Cariocas le disent, il fait toujours beau à Rio.

Et c’est vrai. Nous avons eu droit à une splendide journée, digne des cartes postales, à se dorer sur la plage d’Ipanema, au milieu de toute la faune des Cariocas avides de plage et de bronzage. Lundi matin, il pleuvait à torrent, la météo annonçait 30 degré et plein soleil en Argentine, il n’a pas fallu nous le dire deux fois. Ce sont des vacances après tout !

Article paru dans Pax Nouvelles (ex. Express Voyage) le 30 janvier 2006.

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